Sud-inter-cdaS numéro 28 est paru - « l’avenir du travail social nous appartient ! »

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L’avenir du travail social ne se fera pas sans les professionnel-le-s de terrain et les usagers qu’ils représentent. Ce bulletin vous rend compte des possibles, à différents niveaux, pour se faire entendre. Si penser, c’est désobéir, alors nous nous inscrivons dans cette démarche. Nous, fonctionnaires, avons le devoir de relayer NOTRE sens du travail, NOS valeurs et NOTRE conception du travail d’équipe.

Le manifeste sur le travail social que SUD-CT a co-signé le rappelle : prééminence des valeurs fondamentales d’humanisme et de solidarité dans l’intervention des travailleurs sociaux, vers des politiques publiques qui réduisent les inégalités, et la non-soumission au nouveau management qui dénature le travail social et le réduit aux contraintes budgétaires.

mobilisés à Paris

Sud-inter-cdaS n° 28

Les syndicats SUD, CGT, FSU et FA-FPT de la Fonction Publique Territoriale appelaient à une mobilisation le 8 octobre, pour la reconnaissance des diplômes des travailleurs sociaux et le reclassement en catégorie A. Au-delà des revendications statutaires, il s’agit aussi de défendre le sens et la place du travail social au travers d’un manifeste "le travail social, avec des professionnels promoteurs de droits et de lien social". Alors que se préfigure l’organisation des Etats Généraux du travail social en juin 201 4, ne laissons pas les politiques et leurs managers "réinventer le travail social de demain" à notre place !

Le colloque, organisé par le CSFPT, le CNFPT et la FNCDG (*) sur le thème : « Quelles évolutions pour la filière sanitaire et sociale de la FPT ? » a permis une première diffusion de ce manifeste. Un rassemblement de 500 personnes, avec prises de paroles et interventions, a eu lieu dès 13h face au Conseil Régional d’I le de France.

Une délégation a été reçue par les présidents. Sur le volet des revendications salariales, on entend qu’ils ne sont pas forcément les bons interlocuteurs. Mais sur l’évolution du métier et du sens du travail social, oui, en particulier le CNFPT qui form-at-ent les managers !

Il a été rappelé que les travailleurs sociaux ont toujours su faire évoluer leurs pratiques d’accompagnement des populations et se sont affirmés dans un travail social émancipateur et porteurs de transformation sociale.

Aujourd’hui, ils rejettent le discours culpabilisant visant à réduire leur surcharge de travail à des problèmes d’organisation personnelle. Ils n’acceptent pas plus de considérer comme inéluctable la dégradation du service rendu aux usagers et la déqualification de leurs professions.

Partout, des foyers de résistance à la démolition des services publics s’organisent : dans les services sociaux départementaux mais aussi autour de thématiques (petite enfance, avenir de la PMI , hébergement d’urgence...).

D’autres initiatives sont prévues dans les mois à venir. Les enjeux sont importants. Et même après plus de 20 ans de lutte, ne nous laissons pas aller au découragement. Gagner, c’est possible !

(*) Conseil Supérieur de la Fonction Publique Territoriale, Conseil National de la Fonction Publique Territoriale, Fédération Nationale des Centres de Gestion.

nous nous sommes MAL–ENTENDUS mais on se connait !

Suite à "l’invitation" à participer aux différentes rencontres dans le cadre de l’enquête « on se connait… », une vingtaine de professionnels du CDAS de Cleunay s’est réunie afin de faire part à Mme QUINAUT, Directrice Générale des Services, de leur désaccord et leur absence de participation à ce travail.

Leur courrier a provoqué une rencontre avec la DGS. Les collègues souhaitant que les agents puissent en avoir connaissance, leur compte-rendu in extenso figure dans les pages intérieurs de "Sud-inter-cdaS" n° 28 et dans cet article.

Recrutement des « RAPAF » : le syndicat SUD écrit au Président

La mise en place du nouveau dispositif d’accompagnement des assistants familiaux a permis la création d’un poste de coordonnateur du dispositif des assistants familiaux, rattaché au service Protection de l’Enfance et de 6 postes de Responsables de l’Accompagnement Professionnel des Assistants Familiaux (RAPAF) rattachés au service vie sociale des agences.

Lors de l’examen du dossier en CTP, SUD avait obtenu que ces 6 postes soient ouverts aux assistants socio-éducatifs principaux promouvables au grade de conseiller socio-éducatif et non réservés à la catégorie A administrative tel que prévu initialement.

Ces opportunités d’évolution professionnelle ont suscité beaucoup d’attente chez les travailleurs sociaux comme en témoigne le nombre important de candidatures.

Or, nous venons de découvrir, qu’une nouvelle fois, les dés étaient pipés :
- 2 postes (Fougères et Montfort) sont réservés aux collègues du service des adoptions victimes de la suppression de leur poste ;
- 1 poste (Vitré) réservé à un autre agent qui serait « prioritaire » ;
- 1 poste (Rennes) dont l’examen des candidatures a été limité aux seuls agents de catégorie A au regard du nombre important de postulants.

SUD ne conteste pas la priorité d’affectation des agents dont le poste est supprimé. Mais les procédures de mobilité interne sont de plus en plus opaques. Dans certains cas, les postes sont directement attribués sans mise à la vacance. Dans d’autres, les « prioritaires », passent par les entretiens, même si le choix est parfois déjà fait. Ils peuvent se retrouver en concurrence entre eux.

Les problèmes liés à la mobilité ne sont pas propres au personnel des CDAS. Mais le rattachement aux agences les a accentués. Il n’est, par exemple, pas prévu d’entretien pour des changements d’affectation sur des postes de même nature, ce qui n’empêche pas certaines agences d’en instaurer.

Dans un courrier au Président du Conseil Général, SUD a dénoncé les conditions dans lesquelles se déroulent ces recrutements et, plus globalement, demandé que les règles de mobilité interne soient rendues cohérentes et transparentes.

Gratification des stagiaires travailleurs sociaux

La parution cet été d’un décret faisant suite au vote de la loi Fioraso du 22 juillet 201 3 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche, étend désormais la mise en œuvre de la gratification pour les stagiaires travailleurs sociaux au sein des fonctions publiques territoriales et hospitalière au même titre qu’une entreprise ou une association (indemnité de 435 euros par mois).

Cette application précipitée vient bousculer en cette rentrée les centres de Formation en travail social et particulièrement les étudiants qui se retrouvaient déjà confrontés depuis plusieurs années à une pénurie de stages en raison de l’impact financier de cette application dans le champ associatif. Aujourd’hui nombreux sont les étudiants à se retrouver sans perspective en raison du désistement des institutions relevant des collectivités territoriales, gros pourvoyeur de stages (notamment en Ille-et-Vilaine avec le Centre Départemental de l’Enfance suspendant 1 0 stages faute de financement), avec la conséquence directe de ne pas valider leur cursus de formation et donc de ne pas pouvoir se présenter au diplôme.

Partageant la préoccupation des étudiants et étant attachés à l’apprentissage sur le terrain et par leurs pairs des travailleurs sociaux, nous avons demandé au Président du Conseil Général de clarifier les positions de la collectivité tant sur son engagement pédagogique dans ses propres services que sur le financement de l’accompagnement des stagiaires dans les établissements publics qui relèvent de sa compétence. Nous sommes aujourd’hui en attente de son positionnement et des orientations du Département à cours ou moyens terme sur cette question.

Aujourd’hui la question de la gratification met à jour un désengagement croissant des financeurs de la filière sociale et médico-social dont la préoccupation reste portée prioritairement sur le coût de l’action sociale et la déqualification et bien peu sur l’avenir et le renouvellement de nos professions sociales ou éducatives. Tout comme le débat sur le nouvel espace statutaire, l’intégration en catégorie A des travailleurs sociaux et les valeurs et fondements du travail social, il nous faut urgemment mettre en débat ces questions fondamentales en prévision des assises nationales en 2014.


courrier adressé au Président du Conseil Général sur procédure de recrutement des RAPAF


 

Rennes, le 10 octobre 2013

Monsieur le Président,

Une nouvelle fois, notre syndicat s’interroge sur les procédures de recrutement en vigueur dans la collectivité, à l’occasion du recrutement des Responsables de l’Accompagnement Professionnel des Assistants Familiaux (RAPAF).

Les 6 postes créés ont été mis à la vacance et ouverts aux agents de catégorie A administrative ou médico-sociale ainsi qu’aux assistants socio-éducatifs principaux promouvables en A. Ils ont suscité beaucoup d’espoir pour les travailleurs sociaux en recherche d’évolution professionnelle, comme en témoigne le nombre important de candidatures.

Or, dans la pratique, 3 des 6 postes (Fougères, Montfort et Vitré) sont réservés pour des agents « prioritaires », réels ou proclamés. Pour celui de Rennes, l’examen des candidatures aurait été limité aux seuls agents de catégorie A, au vu du nombre trop important de postulants.

Pour 4 postes sur 6 au moins, nombre de candidats ne seraient donc pas convoqués pour un entretien ce qui suscite colère, désappointement et incompréhension, d’autant qu’ils n’ont même pas été informés de ces décisions.

Nous vous avons alerté à plusieurs reprises sur les conséquences délétères de votre nouvelle politique de recrutement tant pour les agents supposés bénéficier d’une priorité que pour les services. C’est d’autant plus regrettable clans le contexte difficile que connaissent les CDAS, où la souffrance au travail a été confirmée par l’enquête SECAFI.

Il est grand temps que la Direction Générale des Services reprenne la main sur cette question pour redonner de la cohérence et de la transparence à la mobilité interne au sein des services départementaux.

Nous vous demandons donc de bien vouloir reconsidérer l’ensemble des candidatures, à l’exception des 2 agents du service des Adoptions dont le poste est supprimé et dont l’affectation n’est pas remise en cause par leurs collègues, pour que chacun puisse être traité sur un pied d’égalité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

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