LPCG n° 213 - Boulot, métro, dodo !

éditorial du n° 213

LPCG n° 213

Confinement, déconfinement, couvre-feu, reconfinement… Doit-on se résigner à ce que nos vies soient désormais organisées par les stratégies imposées par le Conseil de défense ou que toute notre activité soit réduite à faire tourner la machine productiviste ? La situation est très préoccupante sur le plan sanitaire parce que le nombre d’hospitalisations et de morts repart à la hausse. Mais l’unique raison de ce reconfinement est d’éviter la saturation de nos hôpitaux. Macron l’a affirmé : il allait tirer les leçons de la « 1re vague » et le Ségur de la santé allait remettre l’hôpital public sur les rails. Qui pouvait y croire au vu de l’insuffisance des mesures sinon les organisations syndicales dites "responsables" qui ont signé les accords (CFDT et FO en tête) ! 100 000 fermetures de lits en 20 ans et, malgré les déclarations du ministre de la Santé, les fermetures se poursuivent depuis le mois de juin.

7 mois ont passé depuis le 1er confinement. Après une phase de couvre-feux localisés, le deuxième confinement a été organisé dans la précipitation et une pluie d’injonctions contradictoires. Confiner sa vie privée et sociale mais aller travailler ; ouvrir la grande distribution et les géants de la vente en ligne mais fermer les petits commerces ; envoyer les enfants à l’école mais leur interdire de sortir voir leurs grands-parents ; s’entasser dans les transports en commun pour aller au travail mais ne pas sortir plus d’une heure et dans un rayon d’un kilomètre pour prendre l’air ou faire du sport… Cette cacophonie a pour conséquence dramatique de créer un climat général d’incompréhension très anxiogène. Une politique basée sur la culpabilisation des citoyen·nes et la privation sans cohérence de libertés sur du long terme aura un coût social très élevé.

C’est dans ce contexte que s’organise l’activité des services départementaux qui doivent assurer le maintien du service public auprès de populations les plus défavorisées et les plus fragiles. SUD a pu constater qu’au Département d’Ille-et-Vilaine, la gestion de cette période était relativement positive comparativement à d’autres collectivités. Les règles sont plutôt claires mais encore faut-il que les chef·fes de service s’y conforment, en misant sur le professionnalisme et la compétence des agent·es. Assurer la santé et la sécurité des agent·es, tout en maintenant le service public aux usager·ères ; ne pas rajouter du paradoxe et donner du sens à notre engagement professionnel pour répondre aux inquiétudes ou à la colère des collègues : c’est ce que les élu·es SUD ont défendu lors du CT/CHSCT du 6 novembre.

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