LPCG n° 199 : services publics locaux : vers une mort par asphyxie ?

éditorial du n° 199

LPCG n° 199

Avec près de 400 000 manifestant·es et près de 20% de grévistes sur l’ensemble du territoire, c’est l’expression d’un fort mécontentement qui s’est exprimé le 10 octobre. Il n’y avait pas eu d’appel de toutes les organisations syndicales et de telle mobilisation depuis 2007.

Mais cela ne sera pas suffisant pour infléchir le gouvernement qui a confirmé le 16 octobre l’ensemble des mesures de régression qu’il entend infliger aux fonctionnaires :
- soit directement (report d’un an de toutes les mesures 2018 résultant des décrets d’application du protocole PPCR ; gel du point d’indice ; augmentation de la CSG partiellement couverte par une indemnité compensatrice ; rétablissement du jour de carence),
- soit de manière indirecte par la réduction du budget de fonctionnement des collectivités territoriales (suppression d’emplois, remise en cause du temps de travail), ce qui aura également des incidences fortes sur le niveau de services rendus aux usagers.

L’apparente unité de l’ensemble des organisations syndicales contre ces mesures serait à saluer si la réponse apportée était à la hauteur des enjeux. Mais qui peut croire que la menace du boycott du conseil commun de la fonction publique le 6 novembre, puis d’un vote unanime contre le calendrier de report du PPCR, avant une nouvelle réunion de l’intersyndicale fin novembre, fait trembler le gouvernement ?

Nous ne sommes pas dupes : les syndicats dits "réformistes", signataires du PPCR, tentent de sauver les meubles pour ne pas avoir à assumer une année blanche juste avant les élections professionnelles. Ce qui peut apparaître comme une force prend l’allure d’un piège qui se resserre non pas contre le gouvernement, mais contre les agentes et agents publics. Condamné·es à exercer en "mode dégradé", elles·ils s’éloignent des valeurs fondatrices des services publics et s’exposent à de la souffrance au travail.

En quelques mois, le gouvernement a démontré tout son mépris envers les fonctionnaires, les services publics et plus globalement les « gens de peu ». Macron n’est pas le Père-Noël : ça tombe bien, on n’y croit plus depuis longtemps. Nous croyons par contre qu’il est encore possible, toutes et tous ensemble, de reprendre du terrain dans la lutte contre les politiques ultra-libérales de régression sociale qui alimentent les populismes et l’extrême-droite.

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