mardi 24 novembre, les retraité-e-s manifesteront pour leur pouvoir d’achat

Après la journée d’action du 17 mars, après la campagne des cartes-pétition en septembre qui a recueilli 100 000 signatures, l’intersyndicale nationale des retraité-e-s a décidé d’organiser une nouvelle journée d’action le 24 novembre.

En effet, alors que les pensions sont gelées depuis le 1er avril 2013, le gouvernement vient d’accorder « généreusement » 0,1% au 1er octobre 2015. Une véritable provocation !

De plus, le patronat, la CFDT, la CFTC et la CGC ont signé un accord, pour les retraites complémentaires du secteur privé, qui allonge de fait d’un an l’âge de départ en retraite. Cet accord ouvre une brèche pour un recul généralisé de l’âge de la retraite pour tous les secteurs, public et privé.

L’intersyndicale départementale CGT, FSU, FO, Solidaires et FGR a décidé de relayer l’initiative nationale en organisant des rassemblements :

  • à Rennes - 10h30 place de la République et manifestation à la préfecture Martenot (un rendez-vous à été demandé au Préfet) ;
  • à Redon - 11h devant la permanence du député Marsac ;
  • Saint-Malo - 11h devant la Sécu et manifestation vers la sous-préfecture.

D’autre part, l’intersyndicale départementale a envoyé le 17 novembre la lettre ouverte ci-dessous aux parlementaires d’Ille-et-Vilaine (députés et sénateurs) avec une demande de rendez-vous pour leur présenter les doléances des retraité-e-s.


Lire les informations et argumentaires de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraité-e-s Solidaires (UNIRS)


Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les parlementaires d’Ille-et-Vilaine

Madame, Monsieur,

Comment vous faire entendre la colère qui nous anime ? Depuis plusieurs années déjà nous vous avons alerté sur l’accumulation de mesures qui réduisent notre pouvoir d’achat et dégradent nos conditions d’existence. Le gouvernement semble découvrir aujourd’hui qu’il y a eu une certaine indécence à s’acharner ainsi, puisqu’il constate que l’effet de ces mesures augmente considérablement la pression fiscale sur les catégories de retraités les plus défavorisées.

Ceci est d’autant plus insupportable que, dans le même temps, nous constatons que les règlements en vigueur permettent aux sociétés multinationales et aux ménages les plus aisés de se dérober à leur juste participation à l’effort fiscal, en utilisant tous les stratagèmes offerts par les paradis fiscaux que, ni notre État national, ni l’Union Européenne ne remettent en question. Notre fiscalité nationale continue d’être profondément injuste et le changement de majorité parlementaire en 2012 n’y a rien changé. Cette logique financière dominante qui conduit au développement de l’austérité ne nous convient pas, d’autant plus que l’État a continué à augmenter les aides aux entreprises, sans conditions, de plusieurs dizaines de milliards par an (C.I.C.E, …).

Notre sort découle d’un parti-pris qui place nos conditions de vie au rang de variable d’ajustement d’une gestion qui donne la priorité aux circuits de l’argent au détriment du monde du travail. Rappelons les dernières mesures dont nous subissons particulièrement les effets :
- suppression de la demi-part pour les personnes veuves ;
- fiscalisation de la majoration des retraites attribuées aux foyers qui ont élevé au moins 3 enfants ;
- gel du barème de l’impôt durant plusieurs années ;
- revalorisation des retraites bloquée pendant 30 mois alors que l’augmentation du coût de la vie dégrade notre pouvoir d’achat.

De fait, nous atteignons actuellement un seuil d’appauvrissement absolu pour des millions de retraités, et les mesures annoncées, relatives aux retraites complémentaires vont encore aggraver la situation pour les futurs retraités.

Rappelons en outre que ces mesures s’ajoutent à celles que différents gouvernements ont déjà mises en pratique depuis 1993. C’est ainsi que l’indexation sur les prix rogne systématiquement au fil du temps le pouvoir d’achat des retraités.

Par ailleurs :
- Le passage du calcul des retraites sur les 25 meilleurs salaires annuels au lieu des 10,
- La durée de cotisation,
- La décote,
- Le blocage du point d’indice dans la fonction publique,
- Dans le régime général, du fait de l’inflation, l’indexation du salaire porté au compte du calcul de la pension produit sur une période de 20 ans de retraite une régression de 22 % de pouvoir d’achat en moins, à un âge où les problématiques de santé orientent plus fréquemment vers des hébergements institutionnels à prix de journées de plus en plus élevés.

Toutes ces mesures ont eu pour conséquences de creuser un écart qui va s’élargissant entre les revenus d’activité et le montant des retraites. C’est ainsi que depuis 2003 l’écart se creuse entre le SMIC et les pensions. De nombreux retraités partis en retraite avec une pension égale ou légèrement supérieure au SMIC se retrouvent aujourd’hui largement sous le seuil du salaire minimum.

C’est ainsi que le poids des retraites dans le PIB régresse malgré l’accroissement du nombre des retraités. Le nombre des retraités qui passent sous le seuil de pauvreté va croissant.

Faut-il vous préciser que nous avons considéré comme une véritable provocation et un mépris certain envers les retraités, la proposition de revalorisation de 0,1 % au 1er octobre de la retraite de base de la Sécu, soit le prix d’une baguette de pain par mois pour nombre de retraités ?

Nous souhaitons débattre avec vous de tous ces constats, dans le cadre du mouvement des organisations syndicales de retraités prévu pour le 24 novembre 2015. A cette fin, nous vous demandons de bien vouloir accepter de recevoir une délégation de nos représentants départementaux. Nous aimerions vivement connaître votre prise de conscience personnelle des problèmes évoqués et les engagements que vous seriez susceptibles de prendre pour remédier à cette dégradation continue de la situation des retraités dans notre pays.

S’il ne vous était pas possible de considérer notre demande comme une priorité et nous recevoir avant la date indiquée, nous accepterons toute proposition de rencontre de votre part dans les semaines qui suivent.

Notre demande n’est pas de simple forme. Le mouvement annoncé a été précédé par bien d’autres et nous continuerons jusqu’à ce que nous soyons entendus. Les millions de retraités de notre pays représentent une part importante du corps électoral. Ils sauront le cas échéant tirer les enseignements de l’accueil fait à l’expression de leurs difficultés croissantes.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.