intervention de Solidaires 35 lors de la manifestation du 17 novembre 2020 contre le projet de loi « Sécurité globale »

JPEGCette mobilisation nationale contre ce projet de loi de sécurité globale est incontournable pour Solidaires 35 tant les conséquences demain pour tous les citoyens seront dramatiquement prévisibles. Le dessein est clair :
- entraver la liberté de manifester et bâillonner toute contestation du pouvoir ;
- cautionner toutes les exactions des violences policières en censurant le travail des journalistes et poursuivre abusivement tous les opposants syndicaux ou pas aux politiques gouvernementales.

On nous parle de sécurité mais de qui :
- des politiques quand qu’ils agissent des lois contraires à l’intérêt commun ou déclare l’état d’urgence ?
- des forces de l’ordre quand elles tabassent et mutilent les manifestant·es ? Ces quatre dernières années ont été la parfaite illustration des répressions policières et des abus de pouvoir en la matière pendant les manifestations des "gilets jaunes", contre la "loi travail", la réforme des retraites… comme dans les quartiers sensibles.

On l’a dit, l’interdiction de diffusion d’images filmées des policiers non floutées est la plus emblématique de cette loi qui, sous couvert de « protection des forces de l’ordre », dixit Gérard Darmanin, leur donne en fait toute impunité pour poursuivre leurs exactions.

C’est une concession faite aux syndicats de police pour avoir la paix et c’est une terrible censure du travail des journalistes qui couvrent les évènements pour exposer la vérité. Avec, rappelons-le, des peines très lourdes pour dissuader les auteurs (1 an de prison et 45 000 € d’amende).

Les abus de la police existent, il faut les combattre en condamnant plus durement ses auteurs et en exigeant l’exemplarité des fonctionnaires de police, pas en dissimilant leurs identités pour les soustraire à la loi !

Ce qui nous inquiète aussi c’est le renforcement des pouvoirs des policiers municipaux qui, sous l’autorité des maires, sont normalement destinés à la sécurité, à la tranquillité et à la salubrité publique.

Rappelons que certaines polices municipales ont déjà été, dans certaines villes, armés par des élus locaux portés par des velléités sécuritaires (idéologiques ou pas) et qu’elles seront demain clairement affectées sur des missions de maintien de l’ordre (verbalisations étendues, relevés d’identité, saisies…) sans formation avec un risque encore plus fort d’éloignement des citoyens.

La sécurité privée voit aussi ses pouvoirs étendus, en récupérant certains domaines de la police et gendarmerie (constat d’infraction, dresser des PV, prendre l’identité des personnes, interpeller des personnes et contacter des OPJ), ce qui préfigure demain l’émergence de sociétés privées d’intervention en lieu et place de l’État républicain.

L’utilisation des outils technologiques n’est pas plus réjouissante avec des caméras piétons dont les images seront visualisées en temps réels au mépris du respect de la vie privée, des drones et autres caméras qui pourront utiliser les logiciels de la reconnaissance faciale.

C’est la réalité qui dépasse la fiction décrite par Orwell dans "1984" !

Rappelons-nous « Surveiller et punir » de Michel Foucault sauf qu’il n’y a plus besoin de prison dans une société de surveillance de masse.

Cet arsenal de force publique est la dernière marche qui demain, entre certaines mains, prépare l’oppression du peuple et de ceux qui croit en la démocratie.

C’est la tentation du tout répressif que cette loi liberticide consacre et qu’il nous faut à tout prix arrêter !

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