LPCG n° 198 : des illettrées aux fainéants... en passant par les riens

éditorial du n° 198

LPCG n° 198

A force, nous ne devrions plus être surpris par le mépris du Président de la République pour les Français·es – du moins, ceux et celles qui ne gravitent pas dans son cercle. Pourtant, chaque prise de parole nous rappelle, si cela était nécessaire, qu’il est à ce poste pour répondre aux attentes des patrons. Les Français·es – et parmi eux·elles les plus précaires – ne sont, pour lui, qu’une charge et une contrainte qui empêchent les entreprises de faire des marges confortables.

La nouvelle loi Travail en est l’exemple parfait auquel on peut ajouter le déni de démocratie à travers l’usage des ordonnances. Il ne suffit pas au gouvernement d’avoir une assemblée nationale à sa botte. Il lui faut aussi bâillonner toute contestation et opposition. Cette loi Travail n’est que la 1ère étape du projet de destruction sociale voulu par le gouvernement. Les suites sont déjà en préparation : assurance chômage, retraites (une fois de plus…), régimes spéciaux… Les fonctionnaires ne sont pas épargnés non plus avec le gel du point d’indice, le retour du jour de carence, la remise en cause des rares avancées du PPCR…

Quant à la suppression annoncée de la taxe d’habitation, elle se traduira forcément par une baisse des budgets des collectivités locales et des services publics privatisés, voire purement et simplement supprimés.

On nous répète que le pays est en crise, que personne n’a, jusqu’à présent, eu le courage d’affronter la réalité. On nous met constamment sous les yeux l’exemple allemand pour vanter les réformes nécessaires. Mais on oublie de préciser qu’en Allemagne, si le taux de chômage a effectivement baissé, le taux de pauvreté a, lui, fortement augmenté avec une précarité de l’emploi et une faiblesse des salaires considérables.

C’est pourtant ce modèle que le gouvernement souhaite atteindre. Les militant·es syndicalistes allemand·es qui ont subi les réformes de Schröder de 2005 nous encouragent à ne pas baisser les bras et à nous battre contre cette entreprise de casse sociale (lire Le Monde diplomatique de septembre 2017).

A nous de nous mobiliser en masse pour que les progrès sociaux obtenus de haute lutte ne disparaissent pas définitivement sous les coups de boutoir du libéralisme décomplexé.