LPCG n° 215 - Il y a 150 ans : la Commune de Paris

éditorial du n° 215

LPCG n° 215

Il y a 150 ans, dans un contexte de défaite et d’occupation d’une partie du territoire, la Commune de Paris fut une tentative inédite d’instaurer une véritable république démocratique, sociale et émancipatrice.

Démocratique car les élus sont révocables, comptables et responsables de leurs actions et décisions devant le peuple. Une démocratie qui s’appuie sur une citoyenneté active au sein de chambres syndicales, de clubs ou de comités où discussions et débats sont permanents. Mais aussi dans les entreprises où l’idée d’autogestion et d’ateliers coopératifs s’installe.

Sociale car elle abolit le travail de nuit, interdit les amendes et retenues sur salaires ainsi que les expulsions de locataires et combat le chômage. Elle instaure l’école laïque, gratuite et obligatoire et est même pionnière de l’éducation populaire.

Émancipatrice vis-à-vis des femmes qui revendiquent, à travail égal, un salaire égal et les prémices d’une émancipation sociale. Les femmes s’impliquent dans des
clubs politiques, rallient des brigades militaires ou publient des journaux. Mais aussi vis-à-vis des étrangers qui, fait unique, occupent des postes ministériels ou de commandement militaire.

Alors, certes, la brièveté de cette expérience originale – 72 jours ! – n’aura pas permis de réaliser tous ces projets et de répondre à toutes les aspirations populaires. Mais si, au soir du 28 mai 1871 , les dernières résistances s’effondrent faces aux balles versaillaises, « l’idée est debout » (Victor Hugo). Et nombre de réformes de la IIIe République s’inspirent des tentatives de la Commune.

Aujourd’hui encore, les combats de la Commune restent d’une brulante actualité. Les corps intermédiaires sont régulièrement ignorés et les aspirations et revendications des citoyen·nes sont souvent balayées avec mépris par nos dirigeant·es. Les lois de régressions sociales s’enchainent les unes après les autres depuis de nombreuses années. L’égalité femmes/hommes est toujours en chantier. Dans une société contemporaine où le culte de l’argent et de l’individualisme engendrent le racisme et le fanatisme, il est encore temps de mettre en application l’espérance des communard·es d’une société plus juste, égalitaire et fraternelle.

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