LPCG n° 205 - Mépris à tous les étages

éditorial du n° 205

LPCG n° 205

Chaque semaine ou presque, le Président Macron nous rappelle son mépris des classes populaires. Lors des dernières Journées du Patrimoine, il s’en est pris à un jeune chômeur en lui suggérant de traverser la rue pour trouver du travail. S’il était si simple de se faire embaucher, le chômage aurait depuis longtemps disparu... Seulement, les chômeurs·euses ne sont pas des fainéant·es refusant tout effort. Il faut peut-être commencer par s’interroger sur les raisons qui retiennent certain·es de postuler sur les métiers de la restauration, de l’entretien... Salaires de misère, hygiène et sécurité aléatoires, flexibilité des horaires, heures supplémentaires non payées, c’est aussi cela la réalité. C’est par une amélioration des conditions de travail et une véritable réduction du temps de travail que nous vaincrons le chômage.

Pour y parvenir, SUD revendique le passage à 32h, y compris au Département. Nous n’en prenons visiblement pas le chemin si l’on en juge par le refus du Président d’écouter nos revendications. A deux reprises, en 2017, nous avons éditorialisé sur le dialogue social au Département. Nous y interrogions la volonté des élu·es et de l’administration de créer les conditions d’une discussion ouverte et de véritables négociations. Aujourd’hui, force est de constater que cette recherche du dialogue n’est qu’un vernis qui se craquelle à la moindre contestation syndicale. Pourtant, le temps de travail, son aménagement et les conditions dans lesquelles les agent·es travaillent ne sont pas une mince affaire. Cela exige de l’écoute, de l’échange, pour avancer sereinement.

Ce n’est malheureusement pas le choix du Président qui, sourd à la demande intersyndicale de concertation, impose un préalable inacceptable : six jours de travail de travail supplémentaires. Et pour couronner ce dénigrement des représentant·es du personnel, une campagne de désinformation est lancée qui laisse entendre que les organisations syndicales refusent la discussion. Mais de quelle discussion parle-t-on ? Quand le président nous dit, en substance, « J’ai raison. Je ne bougerai pas. », c’est un peu comme si l’on demandait à un accusé de négocier l’aménagement de sa peine avant même que le jugement l’ait condamné. Non ! Pour qu’un réel dialogue social existe, il faut que toutes les données soient mises sur la table. Que toutes les propositions soient étudiées sans exclusive.

Face au refus de notre employeur et à son mépris pour les organisations syndicales (et les agent·es qu’elles représentent), seul le rapport de force pourra lui faire comprendre notre détermination à nous faire entendre.

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