LPCG n° 201 : 2018, qui pour vous représenter ?

éditorial du n° 201

LPCG n° 201

Ce n’est pas nouveau : les politiques d’austérité, amplifiées par les gouvernements successifs, dégradent depuis des années les services publics. Les fonctionnaires territoriaux en paient le prix au quotidien par la dégradation de leur rémunération, de leurs conditions de travail et les conséquences sur leur santé.

En tant qu’organisation syndicale, on peut se dire que c’est partout pareil, voire pire ailleurs, et choisir d’accompagner la disparition programmée de la fonction publique (celle-ci vient d’être clairement annoncée par le 1er ministre).

On peut au contraire penser qu’après plus de 20 ans de reculs sociaux, on arrive à un point de retour du balancier de l’histoire. Plusieurs signes d’espoir dans un paysage social bien gris montrent en effet qu’aucun combat n’est définitivement perdu.

Les mobilisations citoyennes peuvent faire bouger les lignes : abandon du délirant projet de Notre-Dame-des-Landes, libération de la parole des femmes sur les violences et les discriminations qu’elles subissent… L’accord obtenu en Allemagne par le très « sérieux » syndicat IG Metall, aussi imparfait soit-il, démontre que la question de la réduction du temps de travail n’est pas un tabou.

Nos combats syndicaux ne se limitent pas à défendre quelques acquis individuels ou à aménager la casse des services pour qu’elle soit plus supportable à court terme. Ils s’inscrivent dans de réels débats sur la société que nous voulons construire. Quel avenir pour nos enfants ? Quelles limites à l’automatisation pour que chacun·e continue de trouver sa place dans un environnement de plus en plus déshumanisé ? Quelle prise en charge pour nos personnes âgées dépendantes ? Quels moyens pour les services publics garants de la cohésion sociale sur le territoire ?

SUD n’a pas renoncé à son projet de transformation sociale et s’inscrit résolument dans un syndicalisme féministe et responsable.

La fin de l’année 2018 sera marquée par le renouvellement des élu.es du personnel dans toute la fonction publique. Au-delà des querelles de chapelle et du dénigrement systématique des syndicats de lutte orchestré par le patronat et relayé par les médias, les personnels seront en fait appelés à se prononcer pour ou contre l’existence de réels contre-pouvoirs face à la toute puissance des employeurs. Pour SUD, le choix est clair…