LPCG n° 200 : selon que vous serez puissant ou misérable...

éditorial du n° 200

LPCG n° 200

Les médias ont, dernièrement, beaucoup parlé d’une prévision de croissance économique plus importante que prévue en 2018. On nous signale aussi des embauches envisagées dans les entreprises en raison des carnets de commandes bien remplis. Mais cette embellie économique n’est pourtant pas visible pour tous·tes.

De nombreux conflits naissent un peu partout en France. Les salarié·es d’entreprises de nettoyage (gares de Paris-Nord, hôtel Holiday Inn de Clichy) sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail déplorables et leurs salaires de misère. A Étrelles, les salarié·es de Webhelp luttent pour le maintien de leurs primes.

Dans le secteur médical (hôpitaux de Paris, CHGR) ou social (protection de l’enfance du Maine-et-Loire), les luttes s’organisent contre les restrictions budgétaires et leurs conséquences sur la qualité du service rendu au public. A La Poste (Saint-Nazaire, Carhaix, Nantes, ...), la contestation s’intensifie sur tout le territoire contre les fermetures et les restructurations. Et pendant que le Président Macron et son ministre de l’écologie s’émeuvent dans les médias sur l’avenir de la planète, les personnels de Météo France, de l’IGN et du CEREMA se mobilisent ensemble contre les conséquences dramatiques du plan de suppressions d’emplois passé et à venir, assumé par l’État, sur les questions climatiques.

Ces quelques exemples, non exhaustifs, sont là pour nous rappeler que la sortie de crise, tant vantée dans les discours officiels, ne se vit pas de la même façon suivant que l’on est patron·ne ou salarié·e. Des profits existent, les actionnaires font de belles plus-values, des dirigeant·es n’hésitent pas à s’augmenter, même lorsque leurs entreprises ne vont pas bien. En face, les salarié·es sont en sous-effectifs, travaillent dans des conditions déplorables ou sont payé·es au lance-pierre. Est-ce en réduisant encore plus leurs droits ou en limitant la reconnaissance des représentant·es syndicaux·ales que le ruissellement économique deviendra réalité ? Cela ne semble pas en prendre le chemin.

Pour SUD, il est plus que jamais nécessaire de se mobiliser pour vaincre, à l’image des ouvrier·ères de Konecranes (Saône-et-Loire) ou des employé·es de Vélib’ (Paris). En dépit des efforts faits pour détruire le code du travail, c’est bien le rapport de force qui permet aux travailleur·ses de se faire entendre et respecter !