LPCG n° 197 : projet loi travail 2 : les droits des salarié·e·s… morts sur ordonnances ?

éditorial du n° 197

LPCG n° 197

Le gouvernement fait effectivement ce qui était annoncé. Peu importe la faiblesse de son assise électorale. Et peu importe aussi que les mêmes sujets aient causé six mois de mobilisation avec un très large soutien de l’opinion en 2016.

Le projet de loi cadre les thématiques des ordonnances, et fixe le délai des décisions à prendre : 6 mois. S’il annonce procéder à une négociation, elle sera de courte durée. D’’emblée sont verrouillés : les facilités du licenciement économique, la limitation du recours au prud’hommes en durée comme en réparations quand l’entreprise est coupable, la remise en cause du contrat de travail et la mise en place du contrat de projet, une négociation entreprise par entreprise, la limitation des prérogatives syndicales par une fusion des mandats existants ce qui va atteindre en particulier tout ce qui concerne la santé et les conditions de travail, et le recours sur décision patronale au référendum d’entreprise (c’est à dire l’aggravation de la situation actuelle par la possibilité d’un chantage permanent).

En « échange », pour faire passer la pilule, la possibilité sera ouverte d’obtenir le paiement d’un « chèque syndical » versé par l’employeur et celle de siéger dans les conseils d’administration des grandes entreprises mais sans aucun pouvoir de décision.

Ni les salarié·e·s, ni les jeunes, ni les chômeur·euses n’ont à gagner à de telles propositions. Aucun syndicat ne peut accepter de brader le CDI et la défense actuelle des salarié·e·s au plus près de leurs préoccupations.

Le gouvernement Macron répète à l’envie qu’il faut « libérer le travail » en France et « ses énergies ». Nous dénonçons cette mascarade : ce ne sont pas les travailleurs et travailleuses qui seront « libéré·e·s », mais bien les capitaux et les profits d’une minorité.

D’ores et déjà, l’Union syndicale Solidaires s’engage dans les initiatives syndicales et celles des mouvements sociaux contre ce projet scandaleux.

En Ille-et-Vilaine, Solidaires, avec la CGT, FO et la FSU, était dans l’action dès le 28 juin à Rennes et prépare activement les mobilisations interprofessionnelles pour un mouvement général début septembre.