LPCG n° 196 : En Marche forcée ?

éditorial du n° 196

LPCG n° 196

Voilà l’élection présidentielle passée. Emmanuel Macron s’est installé à l’Elysée et a nommé son 1er gouvernement « ni de droite, ni de gauche » mais fortement ancré à droite tout de même si l’on en juge par les parcours des ministres.

Un 1er message a déjà été envoyé aux 5,6 millions de fonctionnaires : il n’y a pas de ministère de plein exercice pour la Fonction publique… Le 24 mai, Solidaires Fonction Publique a été reçue par le ministre de l’Action et des comptes publics. Cela a été l’occasion de revenir sur plusieurs points très inquiétants du programme du Président.

Celui-ci n’aborde la fonction publique que sous l’angle d’une logique comptable (suppression de 120 000 postes, économie dans les dépenses de fonctionnement des collectivités…). Pour Solidaires, ces choix vont à l’encontre de la volonté affichée de rapprocher l’usager des services publics. Au contraire, réduire les effectifs et les budgets encouragera la désertification des territoires et l’abandon de missions au profit du secteur privé. Tout cela au détriment de la population.

Au-delà de la seule fonction publique, c’est la méthode Macron annoncée qui est inquiétante. Il n’est qu’à voir sa volonté d’utiliser – pendant l’été ! – le système des ordonnances pour s’affranchir de la discussion avec les députés. Un bel enthousiasme démocratique !

Localement, le président du Département a appelé à voter Emmanuel Macron dès le 1er tour. Pourtant son programme sur l’avenir des collectivités locales était déjà clair. Aujourd’hui, la majorité départementale nous fait du chantage pour hâter l’adoption de dossiers relatifs au personnel sous prétexte que l’avenir institutionnel et financier est incertain, comme si elle n’avait aucune responsabilité dans la situation...

Pour SUD, il est primordial que, dans ce contexte, les moyens soient prioritairement apportés aux services qui en ont besoin et que les améliorations salariales aillent en priorité aux salaires les plus faibles. On nous reproche souvent de ne voir que le verre à moitié vide dans les propositions de l’administration. C’est pourtant ce verre qui doit permettre aux agent·e·s de travailler dans de bonnes conditions pour apporter le meilleur service possible à la population.

C’est pour cela que SUD continuera de se battre aux côtés des agent·e·s même si cela ne plait pas à notre employeur !