LPCG n° 191 : « Front Populaire : un héritage dilapidé »

éditorial du n° 191

LPCG n° 191

Il y a 80 ans, de grandes grèves éclataient dans toute la France. Les ouvriers des grandes et petites entreprises cessaient le travail pour soutenir le gouvernement de Front Populaire de Léon Blum et faire appliquer ses réformes sociales.

Les mois de mai-juin 1936 voient les usines à l’arrêt, occupées par les grévistes. Les accords Matignon, issus du programme du Front Populaire, se mettent rapidement en place en s’imposant à tous les employeurs : augmentation des salaires, création de délégués du personnel, mise en place des conventions collectives de branches, semaine de 40h (au lieu de 48h !) et premiers congés payés. N’oublions pas qu’alors, la France était engluée dans une des plus graves crises économiques que le monde industriel eût connu.

Aujourd’hui, en juin 2016, nous sommes bien loin de l’euphorie du Front Populaire. Si les manifestations se poursuivent depuis plusieurs mois dans les rues, ce n’est pas pour faire appliquer de nouvelles avancées sociales mais bien pour éviter de voir détricoté ce que le peuple avait fini par obtenir à force de luttes.

Il n’est d’ailleurs pas anodin de remarquer que très peu de commémorations sont organisées pour rappeler ce mouvement social pourtant bien ancré dans la mémoire des Français.

Pour SUD, ce n’est pas être conservateur que de vouloir maintenir ces acquis.

Comme en 1936, la réduction du temps de travail est la meilleure voie pour parvenir à faire baisser le chômage.

Comme en 1936, les conventions collectives de branches restent le plus sûr moyen de défendre tous les salariés d’un même secteur, quelle que soit la taille des entreprises.

Comme en 1936, les temps de repos réguliers sont essentiels, que ce soit lors de congés annuels ou lors des week-ends.

Comme en 1936, le gouvernement ne doit pas se laisser dicter les volontés du Patronat. Le Parlement doit, au contraire, voter des lois sociales qui, ensuite, s’imposent aux employeurs.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, SUD se bat contre le projet de loi Travail et les autres projets antisociaux du gouvernement qui touchent les salariés du privés comme ceux du public.

C’est pour cela que nous appelons chacun d’entre vous à rester mobilisé, y compris après les congés d’été, pour faire en sorte que l’héritage du Font Populaire ne finisse pas comme un simple souvenir dans les livres d’histoire.

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