LPCG n° 168 : « qualité de vie au travail, un goût d’inachevé »

éditorial du n° 168

LPCG n° 168

Cela fait longtemps que les organisations syndicales et la médecine préventive alertent l’administration sur les conditions de travail difficiles auxquelles sont exposés certains agents de la collectivité. Mais il a fallu l’enquête SECAFI fin 2012 pour que la problématique de la souffrance au travail soit véritablement prise au sérieux par notre employeur et s’impose comme un sujet prioritaire à travailler. Après plusieurs mois de réflexion, la démarche "Qualité de Vie au Travail" arrive en cette fin d’année 2013 à l’aboutissement laborieux d’un plan d’actions dont l’avenir nous dira s’il est porteur d’un mieux-être et à la hauteur des espérances. A l’issue du CHS du 17 décembre, un premier point d’étape met en évidence certains écueils qu’il convient de relever.

« Cachons cette souffrance que je ne saurais voir »

Plus séduisante que « diagnostic de la souffrance au travail », la démarche « qualité de vie au travail » est une appellation édulcorée qui invite, dans un déni subtilement suggéré, à ne pas nommer tout ce qui peut atteindre l’agent dans sa réalité de travail et qui, par prolongement, est imputable à la responsabilité de son employeur. Loin d’être anodin, ce glissement sémantique tend à minimiser la gravité du problème dans l’institution en transformant la démarche en une approche positiviste sur le bien être de tous.

« Qui trop embrasse mal étreint »

On constate que les actions concrètes retenues par l’administration s’avèrent au final très généralistes et sélectives des propositions intéressantes issues des groupes de travail. Nous déplorons que le résultat final renvoie beaucoup à l’organisation individuelle des agents et à la valorisation des bonnes pratiques en faisant l’impasse sur les causes issues des dysfonctionnements institutionnels. Le temps restreint de la réflexion collective a également accéléré une élaboration finale qui aurait mérité, vu l’enjeu, une consultation plus large et des réponses plus abouties. La prudence sera donc de mise sur les engagements réels et dans la phase de concrétisation sur le terrain.

« Tout changer pour qu’au final rien ne change ? »

Gageons aussi que les déclarations et les bonnes intentions aboutissent à de véritables changements et passent par une remise en question en profondeur du mode actuel des relations de travail et notamment du management déplorable auquel sont soumis bon nombre d’agents.

Pour tout cela, il nous faut continuer à lutter !

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