CTP du 12 février 2013 - « déshabiller Pierre pour habiller Paul » - LPCG n° 161

La GPEEC (Gestion Prévisionnelle des Effectifs, des Emplois et des Compétences) entérine la logique économique du CG des « effectifs constants », de la « mesure de l’activité » (surtout pas de la qualité...), malmène les personnels et s’appuie sur le chantage : créer des postes n’est possible qu’en en supprimant d’autres.

SUD ne peut souscrire à une telle logique. Non seulement d’autres choix politiques sont possibles et, comme vous le lirez dans les différents points de ce compte-rendu de CTP, le soi-disant bénéfice pour le secteur social est loin d’être prouvé, celui pour le service public non plus et pour les personnels encore moins !

Des redéploiements opaques

LPCG n° 161

La collectivité fonctionnant « à effectifs constants » et semblant, au contraire des personnels, apprécier les jeux de chaises musicales, les multiples réorganisations ont occasionné de 2010 à 2012 une centaine de « redéploiements » ou « transformations » (l’administration hésite parfois sur la terminologie) de postes.

Loin d’être toujours prévisionnelle, la GPEEC orchestre dans un certain flou ces mouvements de suppression-création de postes, et met à mal les personnels qui la subissent. A la demande de SUD, un « bilan des redéploiements de poste » est enfin présenté... (sans vote).

Mme Huon, élue CG en charge du personnel, présente ces redéploiements comme majoritairement (2/3) au profit du secteur social et en particulier de la protection de l’enfance. Elle affirme qu’ils sont une « mécanique » qui démontre la volonté de la collectivité de combler les manques mis en évidence par les États Généraux du Social. Elle présente aussi ce rapport comme bénéfique pour faire le point car « en Commission Permanente on ne savait plus où on en était » : chacun son quotidien... et pas étonnant que les personnels ont aussi du mal à s’y retrouver...

SUD fait état du manque de détails du dossier, trop léger pour se rendre compte de l’impact des redéploiements, notamment en termes de missions, métiers et catégories concernés.

Et pour cause, la « plus-value » apportée au secteur social est loin d’être aussi évidente que la collectivité voudrait le faire croire. Le bilan présenté ne fait nullement état du nombre de postes supprimés dans le pool social de remplacement !

Le CDAS de Redon est un exemple, parmi d’autres, des services qui réclament, notamment, des moyens sur des métiers en difficulté.

Une récente rencontre avec le Président du CG a permis aux collègues de mesurer qu’entre les paroles (cf. notre dernier tract sur la souffrance au travail) et les actes il y avait... un grand écart !

Face aux problèmes, bien réels, les réponses du Président ont été : déni des difficultés, culpabilisation voire infantilisation des personnels, confortation des managers dans leur rôle de faire faire plus avec moins. Pour ceux qui avaient encore des illusions, la chute est brutale...

Une maison de fous ?

Fortement sollicitée pour le conflit au S.E.T. (voir ci-dessous), et bien d’autres tant la collectivité va mal, la psychologue du travail travaille elle aussi à flux tendu...

Un médecin de prévention a récemment quitté le CG35 pour la préfecture d’Ille-et-Vilaine. Mme Huon devrait peut-être revoir son refrain « on est mieux au Département qu’à l’État »...

Entre urgence et attentisme

Suite à un conflit sérieux entre les agents d’un des trois Services Etudes et Travaux (S.E.T.) et leur encadrant, l’Administration a en urgence transféré une partie des agents sur les deux autres S.E.T. existants. Après avoir laissé se dégrader la situation, celle-ci devenant inextricable, la collectivité a bien été obligée d’intervenir.

Le souci n’est pas d’être intervenu sans l’avis des syndicats, qui ont bien compris l’urgence, mais que la réorganisation proposée maintient une partie des agents sous la responsabilité de l’encadrant avec qui ils sont en conflit, déséquilibre les deux autres services et est présentée comme « transitoire » (pour 6 mois !) afin d’observer comment les choses vont se passer...

A la demande de SUD, le délai de 6 mois d’observation n’est plus en vigueur et il est proposé d’entamer une réflexion en concertation avec les agents pour définir une autre organisation.

Bien que satisfait d’être entendu, SUD réitère sa demande que soient présentés, sans trop tarder et plus précisément, une méthode et un planning de réorganisation qui puisse permettre à chacun de trouver sa place dans des conditions de travail optimales.

Une réunion est prévue le 15 mars : Administration et personnels doivent s’en emparer utilement sous peine de voir la situation à nouveau dégénérer.

Rien n’étant encore fixé, il n’y a pas eu de vote.

SUD a également saisi le CHSCT à ce sujet, le CTP n’étant pas compétent pour les problématiques individuelles sous-jacentes (souffrance au travail...).

Accompagner la crise

Le CTP a étudié les perspectives d’évolution de la mission « Accompagnement Individuel et Handicap » (DRH) qui coordonne la prise en charge des situations individuelles problématiques (reclassements, mobilités, conflits...). Il est précisé que les personnels suivis viennent pour l’essentiel des collèges et des CDAS.

Dès sa création, SUD soulignait la faiblesse du nombre de postes consacrés à cette mission (1,7 ETP) au vu de la multiplication des situations dont elle avait la charge. Le Département propose désormais d’y dédier 3 ETP.

Mais, cela passe par un redéploiement qui vient supprimer un poste au Service social du personnel ! Le DRH défend la thèse d’une baisse des accompagnements par ce service du fait de l’intervention accrue de la psychologue du travail. En fait, le service est tellement sollicité qu’il est contraint de traiter les problèmes sur dossier au détriment des accompagnements individuels...

Votes : SUD et CFDT votent contre le redéploiement. CGT et FO s’abstiennent. Unanimité sur le reste du dossier.

Le Service Adoption orphelin de 3 postes

L’administration présente la suppression de 3 postes sur le service adoption pour raison de « baisse d’activité ».

SUD remet en cause cette raison par : une partialité dans les données d’activités présentées (pas de prise en compte de la qualité de service, du suivi des demandes et des usagers, des missions auprès des CDAS...) et les méthodes pas claires du service organisation. SUD fait la demande d’un report à un prochain CTP. La CFDT fait chorus et ajoute à la critique des méthodes la dénonciation de la maltraitance subie par l’équipe.

Mme Huon insinue que les syndicats sont irresponsables et déclare : « vous ne pouvez pas contester les faits, les chiffres et les méthodes ». Déjà que nos avis ne sont que consultatifs, si en plus on ne peut pas les donner... M. Praud, élu en charge de la protection de l’enfance, renchérit sur le fait qu’il serait inéquitable d’avoir un service plus qualitatif aux adoptions que dans les autres services dédiés à l’aide sociale à l’enfance. C’est sûr... autant maltraiter tout le monde ! L’équité a bon dos...

Votes : l’ensemble des syndicats votent contre.