CTP du 10 avril 2013 - « CTP = Comment Traiter le Personnel » - LPCG n° 164

Patientez si vous demandez des sous, travaillez et formez-vous sans relâche (quitte à faire mal les deux ou à y perdre la santé), dédoublez-vous, ne comptez pas votre temps, entrez dans la mutation, l’acculturation... Le Conseil général vous remercie de vous taire : à « moyens constants » et « finances contraintes », il n’y a pas de « changement » à l’horizon !

Retour vers le futur...

LPCG n° 164

Dans le cadre du suivi des dossiers, SUD est revenu sur plusieurs points.

Lors du CTP du 1er octobre 2012, SUD avait voté contre la « nouvelle gouvernance » RH. SUD a donc demandé que la réorganisation de la DRH fasse l’objet d’un bilan.

S’il est sans doute un peu tôt pour en mesurer toutes les conséquences, certains sujets doivent préoccuper la collectivité dès maintenant. C’est d’ailleurs le cas, mais sans forcément inviter les personnels à s’exprimer et en les contraignant à s’adapter...

Ainsi, la question des moyens, qui irrite systématiquement Mme Huon, a été abordée par la DGA du pôle ressources. SUD a fait état de sa note du 27 mars déplorant la « montée en charge » du service prestations sociales et invitant les personnels à patienter pour le remboursement de certaines prestations. SUD a également parlé du problème des remboursements des frais de déplacements...

Autre inquiétude d’actualité, le devenir du service recrutement-mobilité. C’est discrètement, dans le plan de formation 2013, qu’apparaît un accompagnement pour « aider le service à se positionner dans la nouvelle organisation ». Avec 3 postes supprimés et la déconcentration des recrutements, on ne pouvait guère imaginer que cela allait se faire tout seul... SUD a demandé sa mise à l’ordre du jour d’un prochain CTP.

(Dé)Formation professionnelle

Bilan formation 2012

Le leitmotiv de Mme Huon c’est l’absentéisme... fustigeant les 35% d’absences non justifiées.

Pour SUD, le bon angle de questionnement semble plutôt : les personnels ont-ils vraiment du temps à dégager sur leur charge de travail pour pouvoir partir en formation ? Les raisons de service figurent d’ailleurs parmi les absences justifiées et il nous a été précisé que la catégorie de personnel la plus « absentéiste » était les cadres...

Il y a aussi les refus de formation. Ceux-ci concernent surtout les CDAS et certains secteurs géographiques, comme Redon, ce qui peut interroger... Enfin, les motifs de refus sont assez éclairants : le coût est celui qui revient le plus souvent.

Par ailleurs, l’évolution par catégorie du nombre de jours de formation a retenu l’attention de SUD. Moins 13 % chez les C ! La baisse de l’offre d’examens et concours n’explique pas tout, d’autant que la collectivité refuse que l’on puisse en préparer plusieurs dans une même année.

Par contre, on constate que le CG35 met le paquet chez les A : plus 23% ! Il faut dire que le Département est contraint de gérer les dégâts (notamment en terme de Risques Psycho-Sociaux) de sa propre politique managériale formatée « gestion de projet » et non appui technique, soutien d’équipe...

Plan de formation 2013

S’il y a de bonnes choses (risques psycho-sociaux, formations métiers...), il y en a aussi de moins bonnes (management par projet...) et d’autres qui n’y ont peut-être pas leur place (service civique, « On se connait ? »).

Le rappel insistant du « contexte financier contraint » nous a particulièrement chauffé les oreilles, ainsi qu’à Mme Huon puisque nous n’avons pas manqué de lui en faire la remarque.

Votes : SUD > abstention. Les autres syndicats, l’Administration et les élus CG > Pour.

Modification de la Charte de formation

Certaines modifications vont dans le bon sens : facilités accordées pour les situations de reclassements ou mobilités prioritaires, suppression du lien avec les métiers du CG pour la Validation des Acquis de l’Expérience, congé de 24h pour les bilans de compétences...

D’autres, par contre, sont des régressions : suppression du temps de trajet comme temps de travail, durcissement des conditions pour obtenir des formations longues et réexamen systématique des temps partiels pour celles-ci, ainsi que pour les préparations aux concours.

Votes : SUD > abstention. Les autres syndicats, l’Administration et les élus CG > Pour.

Un plan de déprécarisation... précaire

Le CG35 applique à la collectivité le dispositif national « d’accès à l’emploi titulaire » (loi du 12 mars 2012).

Pour SUD, ce dispositif, assis sur une multitude de conditions, ne permet pas de résorber l’emploi précaire dans la Fonction publique : une goutte d’eau dans un océan... De plus, la logique de CDIsation renforce l’objectif inavoué de casser le statut. Enfin, les collectivités n’ont pas d’obligation de titulariser les agents qui remplissent les conditions : in fine, cela ne se fera que s’il y a des postes vacants, donc sans en créer.

Au CG35, 10 agents ont été automatiquement CDIsés en mars 2012. Pour une titularisation au plus tard en 2015, 43 agents (36 CDI et 7 CDD) remplissent les conditions et il est proposé de leur ouvrir 41 postes vacants, sous réserve qu’ils passent avec succès les « sélections professionnelles ».

Votes : SUD > abstention. Les autres syndicats, l’Administration et les élus CG > Pour.

(Dés)organisations de CDAS

Le principe « d’aller vers des CDAS de plus petite taille » est louable, mais la logique des moyens constants a encore une fois bridé les possibilités.

Une spécialisation des champs d’interventions a prévalu sur Guichen/Bain. La pluridisciplinarité (qui permet un meilleur service à l’usager) a été en partie sauvegardée sur Combourg/Dol, mais au prix d’un morcellement des ETP. Dans les deux cas, l’accompagnement technique a été mutualisé et seuls des postes de responsables ont été crées sur les deux nouveaux CDAS (Bain et Dol).

De l’aveu même de l’Administration, des aspects restent à travailler pour la mise en œuvre. Ce n’est pas peu dire et SUD a insisté pour que le dossier soit reporté afin d’étudier les conséquences possibles sur les conditions de travail (déplacements...) et la question des locaux à ce jour non résolue. Refus de Mme Huon.

Votes : SUD demandait un report et n’a donc pas pris part au vote. Les autres syndicats se sont abstenus. L’Administration et les élus CG ont voté pour.

Sportifs et sociaux : les mutants...

Plus de social dans la politique sportive est la commande. Oui, mais comment ? Transversalité ou polyvalence ?

Selon le plan de formation : « l’évolution de la politique d’animation sportive conduira à une mutation du métier d’éducateur sportif » (ES). Ceci se traduira par : moins d’autonomie (projets pilotés par les agences), un rôle de VRP (« optimiser les subventions » dixit le DGA égalité des chances) et de travailleur social (TS) puisque ceux-ci ne pourrons pas se rendre disponibles et alors même que Mme Huon déclare en séance : « ce n’est pas dans la culture du sport de s’occuper des publics en difficultés » (!).

Et renvoyant la balle aux TS, pour lesquels SUD demandait de dégager du temps pour ce projet : « je n’ai pas le sentiment que les évolutions à venir passent par la mobilisation de moyens supplémentaires mais davantage par une acculturation progressive qui conduira les professionnels de l’action sociale à intégrer dans leurs pratiques (...) l’accompagnement d’actions à dimension sportive ». (courrier de Mme Huon du 19 février 2013).

Au final, les moyens vont même baisser : 3 postes d’ES sont supprimés !

Votes : SUD vote contre. Les autres syndicats se sont abstenus. L’Administration et les élus CG ont voté pour.

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